La limace noire

Gluante, visqueux, noire, noir, l’Arion ater! La limace panthère glisse avec une délectable lenteur sous le manteau de la nuit. Elle prend vos chemins, sans bruit. Elle passe sur le seuil de votre maison.

Le matin la surprend. Noir, noire, elle étincelle, sa robe de jais miroite au jour. Du dégoutant mollusque, quelle beauté soudaine. Son corps est strié de cannelures, tatouage mystérieux d’un langage ancestral. Limace de l’ombre, du dessous, de la terre muette, limace une et double, féminin et masculin en un. Solitaire aujourd’hui. En couple une nuit, elles danseront comme Shiva, démultipliées.

Sur le grès usé, tel un fantôme pétrifié, brille un ruban de lumière: un reste de bave à onguent. Noire, noir, l’Arionidé évolue en arabesques, au hasard de parfums imperceptibles. Une herbe nouvelle? Une feuille pourrie?

L’étreinte du soleil devient trop ardente. La panthère limace rejoint son antre, dessous, dans l’obscur et l’humide. Noir, noire, silencieuse, elle disparaît dans l’ombre.


One Comment on “La limace noire”

  1. Ma foi, moi qui suis phobique des animaux rampants (à l’exception des colimaçons que j’aide à traverser les chemins pour éviter qu’ils ne se fassent écraser), j’en viendrais presque à trouver cette limace sympathique tant elle est décrite de manière poétique.


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