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Le printemps endormi

Le printemps endormi

Mars, le vent du Nord maintien le froid. L’herbe est blanchie et parcheminée par les couches de neige. Les jeunes pousses d’herbe émergent à peine. Le chêne garde ses bourgeons bien serrés. Là, au bas de la pente, à l’abri du vent, le ruisseau miroite au soleil. Au col de la Perheux se distingue l’érable. Et tout d’un coup la neige fond, les primevères se décident, les crapauds se réveillent, le coucou chante, et quatre geais sillonnent le ciel en poussant une sorte de ronronnement. Ce n’est pas le cri d’alerte. Les amours d’avril saluent la douceur du printemps.


février, la neige sur les branches

février, la neige sur les branches

Aubépiniers, ronciers, églantiers sont couverts de neige. Des cavernes, des creux, des abris s’offrent aux animaux de passage. Des traces de lièvre , en courbes tranquilles s’en échappent.


Des arbres et de la poésie

Toute la neige a disparue.Il fait doux. Je suis une piste de sangliers. Et là, le passage aux jambes de cerf. Les jeunes troncs de hêtre, humides de la dernière pluie, polis, frottés par les flancs de sangliers.Image

Dans le pré des marmottes se dresse un vieux saule marsault. Le ruisseau gazouille entre les blocs de granite et l’herbe jaune.Image

Sur le chemin vers le Haut-de-Monts, l’homme-arbre dans le hêtre ou l’être -homme dans l’arbre.

La nuit l’homme aux racines célestes  prend son pied dans les étoiles.

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Se glisse alors une poésie de Rainer Maria Rilke (Vergers , édition Gallimard 2008)

Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être

sont des racines, buvant les cieux;

et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre

leur semblent des faîtes silencieux.

pour eux, la terre, n’est-elle point transparente

en face d’un ciel, plein comme un corps?

Cette terre ardente, où se lamente

auprès des sources l’oubli des morts.


mon frère Laurent Schwebel

L’hiver dernier le bouvreuil pivoine mâle a été happé d’un coup tranchant de griffe. Ce février 2012 deux bouvreuils viennent à la mangeoire. C’est avec beaucoup de tendresse que je les observe, ils sont là, et tu n’es plus.

Le grand frêne, le bouquet de tilleul, les vieux chênes se rappellent de tes pas. le ruisseau se rappelle aussi, tu en as si souvent remonté le cours. L’eau de la fontaine coule toujours, celle dont nous remplissions seaux et broc pour les batailles d’eau entre nous quatre, frère et sœurs.

Tout ceci se passait il y a quarante ans, mais le temps ne compte plus. Que ce soit le temps où tu ramenais une couleuvre à collier ou bien le temps où tu nous éclaires sur ce petit criquet à peine visible entre les herbes, douze ou cinquante deux ans, quelle importance?

les grillons et les sauterelles striduleront avec vigueur cet été. Les herbes seront hautes, fauchées au dernier moment. le pic noir lancera haut son « kru kru kru kru ». C’est le même que tu écoutais.

A notre Laurent chéri.

Laurent Schwebel, mon frère, photographe animalier, amoureux des merveilles de la terre, mort d’un tranchant à Buenos Aires mercredi 9 février 2012.Image


Automne

Alise, fruit de l'Alisier blanc

Vue sur le Climont du mont Saint-Jean. C’est le temps des alises, baies splendides, comestibles. Les alisiers blancs perdent leurs feuilles mais se parent de rouge., avec générosité. Et au creux d’un tapis d’herbe l’ amanite tue-mouche nous surprend.

Le Climont à gauche et plus loin les Vosges